Samedi 22 Novembre 2014

ROISSY : nuisances aériennes, le plan qui fait du bruit

Rédigé le 11/04/2007 - 0 Commentaires
 Plusieurs associations et élus  dénoncent l'approbation par le préfet du Val-d'Oise, Christian Leyrit, du Plan d'exposition au bruit (PEB) pour l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Le PEB, mis en place le 3 avril, a pour objet de maîtriser l'urbanisation autour de l'aéroport afin que de nouvelles populations ne soient pas soumises à des nuisances sonores intolérables. Ainsi, il prévoit la restriction ou l’interdiction de constructions d’immeubles d’habitation. Cent-vingt-sept communes sur cinq départements sont concernées.
 
" La double peine " subie par ces communes

Jean-Pierre Blazy, député-maire de Gonesse (PS), déplore " la double peine " subie par ces communes : " Une première du fait qu'elles sont exposées au bruit des avions nuit et jour et une deuxième car le code de l'urbanisme interdirait jusqu'à la création d'équipements publics, pourtant nécessaires aux populations ".

Le projet avait été vivement critiqué avant sa mise en place. L’Advocnar, une association qui milite pour l’arrêt des vols de nuit, avait même récolté 18 000 signatures, à la suite d’une pétition " anti-PEB ".
" Ils n’ont pas tenu compte des oppositions des élus des communes concernées, des riverains qui ont signé une pétition à des associations. Je ne sais pas ce qui leur faut de plus ! ", s’insurge pour sa part Michel Tournay, président de l’Association pour le respect de l’environnement et du cadre de vie (Arec). La commission d’enquête prévoit une modification du PEB dès que le nombre annuel de mouvements d’avions atteindra 600 000 vols.

Les élus ripostent

" C’est aberrant, les hypothèses de trafic des avions prises en compte dans le PEB sont largement sous-estimées. Par ailleurs cette mesure signifie qu’il faudrait changer le plan d’urbanisme d’une ville tous les quatre matins ", s’insurge Yanick Paternotte, maire de Sannois (UMP), et candidat dans la course à la neuvième circonscription.
 " La ville de Gonesse étudiera la possibilité d'une riposte à cette décision inacceptable ", juge Jean-Pierre Blazy. Une manifestation est prévue juste après l’élection présidentielle. " Avec la majorité des maires des communes concernées, nous sommes en train d’organiser une rencontre à Gonesse. Nous pensons réunir toutes les personnes concernées afin que ce plan soit révisé ", affirme Michel Tournay.
Par ailleurs, la ville de Sannois lance une pétition intitulée " non au PEB ".

La crainte des détracteurs du PEB est la perspective de croissance de l’aéroport. Les investissements annoncés pour les prochaines années ne peuvent que renforcer les inquiétudes et la révolte des riverains.
" Les chiffres prévisionnels du trafic aérien d’experts aéronautiques sont beaucoup plus élevés que ceux prévus par le PEB. Aéroport de Paris ne cesse de se vanter de sa croissance et de ses 80 000 employés. En gros, c’est : “Venez travailler chez nous mais n’habitez pas ici !” C’est incroyable, la France est le seul pays où le déséquilibre aéroportuaire est aussi important. Tout est concentré sur une zone géographique trop rapprochée ", peste Michel Tournay.

Des solutions ?

Plusieurs associations  de protections des riverains ainsi que des élus militent afin de désengorger le trafic sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Ainsi, Jean-Pierre Blazy  propose de développer l’aéroport de Vatry, dans la Marne. Selon lui, il n’y a que très peu de riverains.
" L’aéroport de Vatry possède l’une des plus longues pistes de France. Il faudrait au moins y effectuer les vols Fret de nuit, cela atténuerait déjà les nuisances faites aux habitants ", propose le maire de Gonesse.
" C’est complètement démagogique ", rétorque Yanick Paternotte. Il explique : " Les grandes compagnies ne voudront jamais, il n’y a même pas de TGV, ce n’est pas crédible ! " Comme solution, il préconise de plafonner les mouvements d’avions à 750 000 par an.

Michel Tournay avoue tout de même que la mise en place du PEB arrange certaines communes, pour d’autres raisons. " L’interdiction de construire prévue dans le PEB est bénéfique pour quelques petites communes. Par exemple le Mesnil-Aubry, est une petite ville qui ne souhaite pas de constructions supplémentaires, pour rester tranquille. Sur les cent-vingt-sept communes, il n’y a que très peu de maires qui sont d’accord avec la mise en place du PEB ".

Saïda DJERRADA
Echo Régional