Dans l'attente du plan social chez ABB, les salariés se demandent qui sera concerné. En début de semaine, en comité extraordinaire, la suppression de 306 postes a été annoncé.
Sur le site, le bâtiment flambant neuf de 7000m² sur quatre étages détonne avec la mauvaise nouvelle. « On avait entendu des rumeurs sur ce plan de licenciement », déplore un technicien qui rappelle les bons résultats d'ABB au niveau mondial. Plus 13% de bénéfice en un an, alors que les résultats français sont dans le rouge. Pourtant, dès son arrivée en février, le nouveau directeur Hanspeter Faessler avait prévenu rappelle un employé. « Il nous avait dit que la robotique allait continuer, mais pas pour tout le monde ». Les représentants des salariés préparent une action pour ce vendredi matin.





TRAVAIL (08). CHÔMAGE (02). EXPÉRIENCE (02). COMPÉTENCE (02). ROUTINE (02). Une révolution intellectuelle est en marche !
TRAVAIL (08A). Aujourd’hui, le «travailleur humain» le moins cher est encore plus cher que «l’esclave automatique» capable de le remplacer. Nul emploi ne se crée ou ne se garde pour le seul plaisir d’occuper quelqu’un, sauf parfois dans la fonction publique. Travailler plus pour gagner plus selon ses besoins pour un jeune, ne s’oppose pas avec travailler moins pour aller plus loin selon ses besoins, pour un ancien. Les anciens ont-ils, aujourd’hui, les compétences, la résistance et les performances dont les entreprises ont besoin, compte tenu de la compétitivité mondiale économique et financière ?
TRAVAIL (08A1). Il faudrait même ajouter que pour beaucoup d’entre eux, ce qu’ils ont à transmettre n’est même plus d’actualité ! Pourquoi voulez-vous qu’un responsable fasse travailler plus, plus longtemps ou plus cher en heures supplémentaires, une personne de plus de 50 ans, quand il peut, soit faire travailler un jeune pour moins cher, soit un robot le remplaçant avantageusement ? On ne court pas un 100 mètres à 50 ans comme on le courait à 20 ans ! Par contre, confier un travail de gestion administrative à un jeune de 20 ans et continuer à faire travailler un ancien sur une activité pénible est à mon sens, paradoxal !
TRAVAIL (08B). La véritable évolution pour ne pas dire «rupture», c’est quand les seniors accepteront des reclassements de leurs emplois en activités réduites, plutôt que du chômage partiel ou complet ou une retraite prématurée. C’est quand les entreprises, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics négocieront des emplois de seconde carrière à partir de 50 ans, permettant aux anciens de travailler moins pour aller plus loin, mais aussi de gagner moins en activité réduite, au bénéfice des jeunes, pouvant dès lors travailler plus pour gagner plus, sans subir le rouleau compresseur, destructeur et démobilisateur du salaire et promotion à l’ancienneté.
TRAVAIL (08B1). N’étant plus ou pas dans la performance, la création, l’innovation, les anciens devraient compenser, le moment venu, la diminution de leurs revenus professionnels, par l’utilisation de leurs investissements et placements financiers pendant leur temps de pleine activité. De ce principe découlerait la capacité pour l’entreprise de transférer les sommes, jusque là affectées aux salaires et formations des anciens, sur les revenus et formations des jeunes. C’est regrettable mais fréquent : Quelques années avant le départ en retraite d’un salarié, son employeur est moins enclin à investir en lui et le salarié est moins motivé à apprendre des méthodes nouvelles, peut rentables pour les années qui lui reste à travailler.
TRAVAIL (08C). Plusieurs facteurs interviennent ou interviendront dans la météorologie du climat social à venir :
TRAVAIL (08C1). Le chômage de millions de salariés qui voudront plus et mieux mais n’ont pas et n’auront jamais de capacités personnelles à faire plus et mieux.
TRAVAIL (08C2). La substitution de millions de travailleurs humains par la robotique, l’automatique, l’informatique, la bureautique, inéluctable sur tous les maillons de la chaîne de valeur des produits et services en concurrence mondiale (surtout pour les entreprises qui vont recevoir des aides financières de l’État sous condition de ne pas licencier et de ne pas délocaliser !...) et devront donc trouver des substituts sur les coûts de production.
TRAVAIL (08C3). Les cotisations obligatoires pour les retraites et charges sociales qui vont être les leurs et de plus en plus lourdes dans les années à venir, conséquences :
TRAVAIL (08C3a). De la faillite programmée du système de retraite par répartition.
TRAVAIL (08C3b). De l’allongement de la période de vie en retraite.
TRAVAIL (08C3c). De la réduction du nombre d’actifs cotisants.
TRAVAIL (08C3d). Du grand nombre de personnes dépendantes, en particuliers celles atteintes de la maladie d’Alzheimer.
TRAVAIL (08D). Si les anciens ne changent pas, nous serons probablement la 1ère génération qui transmettra moins à la suivante, que ce qu’elle a reçu de la précédente. Nous avons négligé d’enseigner à nos enfants : Le courage, la lucidité, le sens de l’effort, le goût de la responsabilité. Nous n’avons pas su ou voulu transmettre à nos jeunes, les valeurs et le patrimoine qui forgent l’identité collective
TRAVAIL (08E). EXPÉRIENCE (02). ROUTINE (02). L’expérience ne doit pas être confondue avec la routine. L’expérience est l’acquisition de savoir, de faire et de savoir-faire et refaire renouvelés, pour savoir être, savoir vivre et faire savoir tout au long de notre existence. L’expérience doit être évaluée, confrontée, consolidée pour s’assurer des capacités, ressources et compétences réelles ou différées (financières, matérielles, temporelles, physiques, manuelles, intellectuelles, naturelles et culturelles) à faire savoir et savoir transmettre. Quarante ans de compétences et d’expériences renouvelées ne sont pas comparables à quarante ans de routines à bien faire peut être, mais à ne pas progresser, sûrement ! Le monde change très vite ; bien faire son travail ne suffit plus. Il est économiquement, socialement et financièrement parlant, de notre intérêt pour tous de changer notre façon de penser.
TRAVAIL (08E1). Aujourd’hui, l’expérience individuelle des anciens est souvent confrontée avec la routine. L’innovation, la diversité, les besoins sont tels que le temps d’apprendre et comprendre une chose, elle est déjà chevauchée voire dépassée par la prochaine. La routine est le cancer du progrès. Bon nombre d’employeurs et de travailleurs privés et publics confondent expérience et routine. Une vie qui passe sans que rien de nouveau ne s’y fasse ou ne s’y trace, est une existence finie avant d’avoir fini de vivre ! Il est fondamental d’anticiper, de se diversifier, de se renouveler, de former et de se former en permanence aux techniques, technologies et méthodologies nouvelles, pendant les phases de plein emploi, de croissance, tout au long de la vie active et surtout avant d’envisager le chômage ou la mise en retraite anticipée.
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