Ouverte en 2003, l'école privée Léonard de Vinci compte huit classes allant de la maternelle à la troisième. En primaire, c'est le seul établissement français à prendre en charge les enfants surdoués. L'enseignement est peu ordinaire. Dès le CP, on y apprend la langue chinoise.

« Wo de péng yôu zài nà li »? Paul, Lucas, Alice (les prénoms ont été changés) et leurs camarades répètent en coeur cette phrase : « où sont mes amis », en chinois. Assis côte à côte, ils appartiennent à la même classe d'élèves intellectuellement précoces. « Avant d'entrer dans cette école, mon enfant avait du mal à suivre les cours. Il s'ennuyait en classe, et ses copains le traitaient d'intello. Ici, les profs sont plus disponibles, raconte la mère de Paul. L'établissement compte 120 élèves. Ici, pas de classes surchargées, les cours se font par petits groupes. Les professeurs n'hésitent pas à approfondir dès la sixième, à la demande des petits génies. Avec une écoute plus attentive, les enseignants tentent aussi de répondre à leurs curiosité.
« Certains enfants sont en échec scolaire lorsqu'ils arrivent chez nous », tient à préciser Martine Tellier, responsable de l'école Léonard de Vinci. « On considère que 2% de la population est surdouée aujourd'hui, mais sur ces 2%, les 2/3 sont en souffrance », souligne-t-elle. La réussite a un coût pour les parents. Entre 4700 euros et 5000 euros pour cette rentrée. Sans oublier le fameux test de QI, indispensable pour détecter le don particulier. A parfois 200 euros, voire 300 euros l'examen, les psychologues se frottent les mains devant la demande de certains parents qui attendent avec angoisse le « chiffre magique », celui du QI exceptionnel, au-delà de 130 ou 140.
C. Obry
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