Troubles psychiatriques
Il est 13 heures, le jeune homme de 23 ans semble serein. « Je l’ai vu dehors, il était souvent assis sur le muret devant la résidence, raconte Daniel, le gardien de l’immeuble. Il m’a demandé comment s’était passée la réunion de copropriété de la semaine passée. Il s’intéressait à la vie de la résidence et était toujours gentil. » Depuis un an, Pierrick habite un deux pièces, au troisième étage d’une copropriété agréable, construite il y a neuf ans. Un cadre de vie confortable, mais le jeune homme souffre de troubles psychiatriques. Il est d’ailleurs soigné à la clinique des Points-Cardinaux à L’Isle-Adam. Malgré son traitement, sa schizophrénie va le pousser à la folie.

Pierrick habite le troisième étage de cet immeuble. Après avoir agressé sa mère,
il a grimpé sur le toit de sa salle de bain pour se jeter dans le vide.
Coups de couteau
Vers 17 heures, alors que Claudine pianote sur l’ordinateur, Pierrick surgit derrière elle et lui assène plusieurs coups de couteau, dont un au cou. La mère parvient à s’extraire de l’appartement. Elle descend deux étages pour demander du secours. Par chance elle frappe à la bonne porte : sa voisine est infirmière et lui prodigue les premiers soins. Sans cette aide et le garrot qu'elle lui fait à la gorge, Claudine serait morte en peu de temps, car elle perd beaucoup de sang. La police et les pompiers arrivent sur place. En faisant le tour du bâtiment, ils découvrent le corps de Pierrick. Après la fuite de sa mère, il s’est précipité dans sa salle de bain et saute par la fenêtre de toit. Le jeune homme s’est entaillé la gorge avant de se jetter 6 mètres plus bas.
Deux hélicoptères sont appelés pour évacuer les blessés. Le premier se pose dans le jardin, derrière l’immeuble. Il emmène le jeune homme gravement blessé. Rapidement, la rue de Beaumont est bloquée. Même les habitants de la résidence ne peuvent plus rentrer chez eux ou sortir du bâtiment. Karine, résidente du même immeuble que Pierrick, n’a pu regagner son appartement qu’en soirée : « Heureusement pour mes enfants, nous sommes partis à 16 h 10 de la résidence. Nous sommes restés bloqué dans la rue sans pouvoir rentrer jusqu'à 20 h 30 » raconte l’habitante.

Le lendemain, sur le pallier du premier étage, le sang de Claudine était toujours visible.
C’est impensable ici !
Dans la résidence, c’est la consternation et surtout l’incompréhension. « À L’Isle-Adam, c’est impensable ! s’exclame une habitante du quartier. Je suis très étonnée qu’un tel drame puisse se produire ici ». Certains sont traumatisés par ce drame, comme Karine, mais surtout ses enfants : « Le plus dur, c’est pour mes enfants. Le plus grand croyait au début que ça c’était passé chez nous, et que le jeune homme avait sauté de notre fenêtre, raconte la mère. » Karine connaît bien son voisin et n’a jamais eu de problème avec lui. « Je le voyais tous les jours, mon mari discutait souvent avec lui. Il était très calme et très gentil, confie Karine. Je l’entendais bien quelques fois se disputer avec sa mère, mais pas plus que toute autre famille. Sa mère semblait peut-être un peu possessive, mais c’est normal, avec la santé de son fils. »
Claudine a été emmenée à l’hôpital de Beaumont. Elle a été opérée mais a pu rentrer chez elle le 30 septembre. À son retour, elle a apelé sa voisine infirmière pour la remercier. Quant à son fils, il a été transporté à l’hôpital Salpêtrière à Paris. Il a quitté le service de réanimation. Mais son état est jugé sérieux : sa colonne vertébrale serait touchée.
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